En Arabie Saoudite, aucun impôt foncier traditionnel n’est prélevé sur la propriété immobilière. Plusieurs États du Golfe et certaines îles des Caraïbes appliquent des politiques similaires, contournant la fiscalité sur la détention ou la transmission de biens immobiliers.Cette spécificité fiscale attire particuliers fortunés et entreprises en quête d’optimisation, tout en soulevant des questions sur le financement des services publics. Dans ces territoires, la pression fiscale se reporte sur d’autres leviers, comme la TVA ou les droits de mutation. Ce modèle interroge sur sa viabilité à long terme et sur ses conséquences pour les résidents et investisseurs.
La taxe foncière dans le monde : comprendre les grandes différences
D’un continent à l’autre, la taxe foncière se réinvente. On ne parle pas d’un simple pourcentage sur la valeur immobilière, mais d’un outil politique et économique, parfois chargé d’arrière-pensées idéologiques. En France, les propriétaires connaissent la double peine : la taxe foncière d’un côté, la taxe d’habitation de l’autre (même si celle-ci disparaît progressivement pour la résidence principale). Les hausses de taux se multiplient, les écarts entre communes s’accentuent, tandis que les collectivités locales y puisent de quoi financer écoles, infrastructures ou services sociaux.
L’Espagne, de son côté, a simplifié le paysage fiscal : la taxe d’habitation a été supprimée, remplacée par l’IBI, basé sur une valeur cadastrale souvent moins lourde qu’en France. Le Cambodge fait dans le symbolique : 0,01 % de taxe foncière, autant dire une formalité. En Géorgie, le taux s’élève à 1 % par an, mais un mécanisme d’exonération protège les revenus modestes : priorité à la justice sociale plutôt qu’à l’uniformité.
Pour illustrer la diversité des approches à travers le globe, voici quelques exemples marquants :
- Thaïlande : il existe une taxe foncière récente, allégée pour les étrangers.
- France : la pression fiscale reste élevée pour les propriétaires, avec des taux en hausse continue.
- Espagne : la taxe d’habitation n’existe plus, l’IBI reste modéré.
- Cambodge : fiscalité quasi symbolique sur l’immobilier, mais des droits de timbre sont demandés lors de l’achat.
- Géorgie : taux fixe et dispositif d’exonération sociale.
Le choix de taxer ou non la propriété révèle une vision de société. Certains pays privilégient l’impôt sur le revenu ou la consommation, d’autres misent sur la taxe foncière pour soutenir le financement local. Les conséquences se ressentent dans le marché immobilier, la qualité des services publics, et le pouvoir d’achat des citoyens.
Quels pays n’imposent pas de taxe foncière ?
Le fantasme du pays sans taxe foncière nourrit tous les scénarios. Dans ces États, détenir un bien ne rime pas avec ponction annuelle : aucun impôt récurrent ni contribution locale pour alimenter les services publics. Parfois, la stratégie vise à attirer investisseurs et compétences, parfois c’est le reflet d’un modèle économique atypique. Résultat : une carte du monde où la propriété immobilière échappe à l’impôt récurrent.
Voici quelques territoires où la taxe foncière n’a pas droit de cité :
- Îles Caïmans : pas de taxe foncière, zéro impôt sur le revenu et absence de droits de succession. Ce paradis fiscal attire aussi bien les grandes fortunes que les entreprises internationales.
- Bahreïn : ni taxe foncière, ni distinction entre nationaux et expatriés.
- Monaco : pas de taxe foncière, ni impôt sur le revenu pour la majorité des particuliers ; seuls les droits de mutation interviennent lors des ventes.
- Îles Vierges britanniques, Îles Turks et Caicos : pas de taxe foncière, pas d’impôt sur le revenu, pas de droits de succession, hormis quelques frais administratifs.
- Qatar, Koweït : pas de taxe foncière, mais présence de frais d’enregistrement et restrictions pour les étrangers souhaitant acheter.
Certains territoires européens adoptent eux aussi une autre voie. Depuis 2017, la Croatie a supprimé la taxe foncière. Le Liechtenstein préfère la taxation des plus-values à la revente et des loyers à une taxe foncière classique. À Malte, pas de taxe foncière, mais des droits de timbre à chaque transaction. D’autres, comme la Dominique, les Seychelles ou les îles Cook, appliquent des prélèvements spécifiques ou sectoriels.
L’absence de taxe foncière ne rime pas avec fiscalité nulle : les États récupèrent leurs recettes via des droits d’enregistrement, des impôts sur les plus-values, des prélèvements sur les loyers ou encore des taxes locales ciblées.
Zoom sur les destinations les plus attractives pour les propriétaires
Le pays sans taxe foncière ne relève plus de l’exception. Plusieurs territoires ont fait de cette particularité un argument d’attractivité, alliant avantages fiscaux, stabilité politique et dynamisme du marché immobilier. Pas étonnant de voir les investisseurs s’y presser, attirés par la perspective de valoriser leurs biens sans ponction annuelle.
Aux Îles Caïmans, le principe est limpide : aucune taxe foncière, pas d’impôt sur le revenu, aucun droit de succession. Le secteur financier y est roi, la stabilité juridique rassure, et la croissance de l’immobilier ne faiblit pas. À Monaco, même philosophie : ni taxe foncière, ni impôt sur le revenu pour la majorité des résidents. Le marché, très recherché, attire une clientèle internationale en quête de sérénité, de prestige et de confidentialité.
Du côté des Émirats arabes unis, Dubaï s’est transformée en terrain de jeu pour les investisseurs étrangers. On n’y trouve ni taxe foncière, ni impôt sur le revenu, depuis peu une fiscalité sur les entreprises. Le marché immobilier s’y développe à grande vitesse, soutenu par un cadre juridique souple et des démarches simplifiées.
L’Europe n’est pas en reste. Au Luxembourg, les non-résidents profitent d’un régime fiscal attractif : pas d’impôt sur les plus-values immobilières au-delà de deux ans, ni sur les revenus issus de biens situés à l’étranger. L’Andorre se distingue par des dividendes non imposés et un impôt sur les sociétés limité à 10 %. En Estonie, tant que les bénéfices ne sont pas distribués, aucune imposition ne s’applique, ce qui encourage la capitalisation.
Face à la mondialisation du marché, choisir une destination d’investissement ne se résume pas à comparer le prix immobilier ou la fiscalité. Il faut aussi tenir compte de la stabilité politique, du cadre légal et du potentiel de valorisation, qui pèsent autant que le taux officiel.
Expatriation et fiscalité : ce qu’il faut savoir avant de franchir le pas
Quitter un pays où la fiscalité immobilière est lourde pour s’installer dans un pays sans taxe foncière peut sembler séduisant. Pourtant, l’expérience ne se résume pas à la disparition de cette taxe. D’autres charges interviennent à chaque étape : droits de mutation lors de l’achat, fiscalité sur les plus-values en cas de revente, impôt sur les revenus locatifs ou droits de succession. Le Liechtenstein en est un bon exemple : la taxe foncière n’existe pas, mais les plus-values et loyers restent imposés. À Malte, on échappe à la taxe foncière, mais pas aux droits de timbre ou aux prélèvements sur les transmissions.
Dans plusieurs territoires, les frais annexes peuvent vite grimper : Qatar, Bahamas ou d’autres appliquent des frais d’enregistrement, des charges d’entretien ou des taxes municipales spécifiques. La Dominique impose une taxe locale et prélève sur les loyers, tandis que les Seychelles appliquent des taxes sur les plus-values et les revenus locatifs. Ici, la fiscalité s’adapte, migre d’un poste à l’autre selon la phase de vie du bien.
Avant d’envisager une expatriation, il reste nécessaire d’étudier en détail le régime de résidence fiscale du pays d’accueil. Certains imposent des conditions de séjour effectif, d’autres exigent un investissement ou un niveau de revenus minimum. Les conventions fiscales internationales entrent aussi en jeu : la France, par exemple, conserve parfois la main sur certains revenus même après un départ.
Comparer les taux d’impôt sur le revenu, de TVA, d’impôt sur les sociétés, mais aussi le coût de la vie, les cotisations sociales et la qualité des services publics, s’avère indispensable. Se forger une vision globale évite bien des déconvenues et permet d’apprécier la véritable attractivité d’un pays.
Changer de fiscalité, ce n’est pas seulement une décision comptable. C’est adopter un nouveau rapport à la propriété, à la dépense publique et à ses propres priorités. La question reste entière : cette nouvelle donne sera-t-elle le début d’une aventure sereine, ou la promesse de compromis inattendus ?


