Des solutions efficaces pour faire disparaître un strabisme

Le strabisme, ce n’est pas une simple coquetterie du regard héritée de la petite enfance. C’est une anomalie qui s’invite très tôt dans la vie et qui, sans intervention, peut laisser des traces indélébiles à l’âge adulte. Comment s’y prendre pour faire disparaître un strabisme ? Les prochaines lignes lèvent le voile sur les solutions concrètes à envisager.

Strabisme : de quoi parle-t-on exactement ?

Le strabisme, c’est ce trouble oculaire où un œil dévie, souvent vers le nez, parfois ailleurs. Généralement, un seul œil part de travers : il s’oriente vers l’intérieur, l’extérieur, le haut, ou le bas, alors que son compagnon reste dans l’axe. Cette déviation apparaît le plus souvent dans les premières années de vie.

En pratique, on distingue plusieurs types de strabisme. Pour y voir plus clair, voici les grandes familles concernées :

  • Le strabisme accommodatif
  • Le strabisme anatomique
  • L’amblyopie

Strabisme anatomique

Présent dès la naissance, il s’agit d’un trouble d’origine congénitale. Il découle généralement d’une anomalie dans l’innervation ou la longueur des muscles qui mobilisent l’œil : muscle trop court ou trop long, par exemple. Au-delà de l’hérédité, ce type de strabisme frappe le plus souvent les bébés arrivés avant terme, notamment ceux nés avec un poids inférieur ou égal à 2,1 kilos, ou avant 32 semaines de grossesse.

Strabisme accommodatif

Ce type de strabisme fait son apparition entre 18 mois et 2 ans. La cause ? Une hypermétropie non détectée. Quand un enfant voit flou de près, ses yeux redoublent d’effort pour accommoder, ce qui crée une convergence excessive et fait dévier un œil.

L’amblyopie

Souvent repérée dans la petite enfance, l’amblyopie survient lorsque les voies de communication entre l’œil et le cerveau ne sont pas suffisamment stimulées. Résultat : le cerveau se repose sur l’œil sain et délaisse l’autre.

Strabisme chez l’enfant : quelles répercussions ?

On a parfois tendance à minimiser le strabisme, à le cantonner à une question d’apparence. C’est une erreur. Ce trouble représente un véritable défi pour la santé visuelle, et ses conséquences peuvent peser lourd à l’âge adulte. Durant les six premières années, la vision de l’enfant se construit pas à pas. Si un œil dévie, le développement visuel de ce côté-là est entravé, parfois de façon irréversible.

Si rien n’est fait avant l’âge de six ans, l’œil touché risque tout simplement de ne jamais atteindre son plein potentiel. Dans la réalité, cela peut signifier une cécité partielle, voire totale, sur l’œil concerné.

Quelles solutions pour éliminer un strabisme ?

Le dépistage du strabisme fait partie des missions du médecin généraliste ou du pédiatre lors des rendez-vous postnatals (à 8 jours, 9 mois et 24 mois). Mais il existe aussi un moyen très simple pour les jeunes parents de détecter un éventuel problème, directement à la maison : placez-vous face à votre tout-petit, prenez une photo avec le flash, puis observez attentivement le cliché.

Sur la photo, un enfant sans strabisme présente deux reflets lumineux bien centrés dans chaque pupille. Si l’un des reflets est décalé, ou si le point lumineux n’est pas centré dans une pupille, c’est un signal d’alerte. Dans ce cas, il est recommandé de multiplier les photos et de consulter rapidement un pédiatre.

Dès lors que le diagnostic est posé, plusieurs mesures peuvent être envisagées pour intervenir sans tarder :

  • Dans le cas d’un strabisme anatomique, une opération s’impose pour ajuster la longueur du muscle oculaire concerné.
  • Si le strabisme est accommodatif, la chirurgie n’est généralement pas nécessaire. Des lunettes adaptées suffisent souvent à réaligner l’œil. L’enfant pourra aussi bénéficier d’exercices de rééducation et du port d’un cache-œil quotidiennement pour stimuler chaque œil séparément. Attention : la correction optique devra être ajustée régulièrement au fil de la croissance. Un suivi ophtalmologique s’impose.
  • Pour limiter rapidement les effets de l’amblyopie, on place un pansement occlusif sur l’œil non atteint, afin de forcer le cerveau à solliciter l’œil dévié.

Corriger un strabisme : panorama des méthodes

Plusieurs approches existent pour prendre en charge un strabisme. La première, la rééducation orthoptique, repose sur des exercices visant à renforcer les muscles des yeux et à leur apprendre à travailler de concert. Cette méthode trouve toute sa place chez les enfants, dont la vision reste modulable.

Autre solution : le port de verres correcteurs. Pour certains enfants, cela suffit à rétablir l’équilibre visuel, sans passage par la case chirurgie. Les lunettes aident aussi à atténuer les désagréments du strabisme, comme la fatigue oculaire ou les céphalées.

Dans les situations plus complexes ou lorsque les autres méthodes restent sans effet, l’intervention chirurgicale devient pertinente. L’objectif : réaligner les muscles oculaires pour restaurer un regard coordonné. Il arrive que des séances de rééducation soient encore nécessaires après l’opération, afin d’optimiser la collaboration entre les deux yeux.

Certains cas demandent une prise en charge plus large. Par exemple, si le strabisme s’accompagne d’un nystagmus ou d’un trouble musculo-squelettique du plancher orbitaire, comme on peut le rencontrer chez certains enfants porteurs de trisomie 21, une équipe de spécialistes multidisciplinaires élabore alors un plan de traitement sur mesure, adapté à la situation.

Un point de vigilance s’impose : un strabisme qui n’est pas traité peut conduire à des complications durables, telles qu’une baisse de l’acuité visuelle ou l’amblyopie, rendant la réactivité et la prise en charge rapide d’autant plus précieuses.

Prévenir le strabisme chez l’enfant

Il est possible d’agir en amont pour limiter le risque de strabisme chez les plus jeunes. Certains comportements, comme la réduction du temps passé devant les écrans ou l’attention portée à l’environnement visuel de l’enfant, peuvent freiner l’apparition de ce trouble.

En définitive, un strabisme peut bouleverser le parcours visuel d’un enfant, mais aujourd’hui, les moyens de le corriger sont nombreux et efficaces. Face au moindre doute, l’avis d’un spécialiste en ophtalmologie reste la meilleure piste pour offrir à chaque œil la chance de voir juste. Rester vigilant, c’est donner au regard de l’enfant toutes ses chances d’avenir, et éviter qu’un simple défaut d’alignement ne ferme des portes pour de bon.

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