Chroniques d’Avignon : « Les poings qui volent »

JUillet 2017

 

Ike Mellis, ancien boxeur raté, est entraîneur dans un gymnase crasseux du Bronx. Vivotant de matchs truqués organisés par Fungi Puglio, le propriétaire de la salle, Ike reçoit un soir la visite de Tiny Whitaker. Impressionné par les qualités athlétiques du jeune homme, il décide de l’entraîner mais Tiny refuse de se coucher lors de son premier match.

 

Avec « Des poings qui volent » (« Fast hands », 2003) Israël Horovitz prouve une nouvelle fois qu’il est un auteur contemporain majeur. Retrouvant l’atmosphère violente et sordide qui caractérisait déjà « Le baiser de la veuve », le dramaturge excelle à peindre les laissés-pour-compte de l’Amérique libérale. Broyés par la vie – pour des raisons différentes – les deux personnages principaux sont complexes et touchants. Ike est un homme pathétique et désabusé ; Tiny se protège de la violence du monde par sa propre agressivité (« Ça me rend serein de savoir que je suis dangereux »). Si le premier a renoncé à se battre, Tiny espère encore se sauver : le face-à-face des deux hommes sonne toujours juste.

 

La mise en scène de Joëlle Sevilla, hyperréaliste, est parfaitement crédible et la distribution très convaincante. Mathieu Duboclard (Tiny) et Yvan Lecomte (Ike) trouvent le juste équilibre entre violence et humanité. Face à eux, Laurent Crozet (Fungi) parvient à éviter toute caricature. Cette plongée glaçante dans l’Amérique reaganienne est un moment de théâtre fort.

 

Y. A.

 

« Les poings qui volent », festival off d’Avignon, Espace Saint-Martial, 19h.

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